Jules Oury, dit MARCEL-LENOIR 1872-1931 - Lot 104

Lot n° 104
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Jules Oury, dit MARCEL-LENOIR 1872-1931 - Lot 104
Jules Oury, dit MARCEL-LENOIR 1872-1931 Femme à l'enfant, 1916 Toile signée et datée 65X 54 cm Authentification du Comité Marcel-Lenoir. Inclusion au catalogue raisonné et à la monographie tome 3 de l’artiste. « Ce grand tableau de chevalet, titré Femme à l’enfant, véritable joyau rare ressuscité par la Maison de Ventes aux Enchères Collin du Bocage que nous remercions, est une œuvre originale de la main de Marcel-Lenoir. Il est réalisé lors de la troisième et ultime période de création de l’artiste et précisément l’année 1920. Il est donc signé à deux reprises et datée 1916 par Madeleine Marcel-Lenoir, l’épouse de l’artiste. Aussi, ce tableau achevé résonne-t-il avec l’esquisse aquarellée signée et datée par Marcel-Lenoir 1920, conservée par le Musée Marcel-Lenoir, photographie en pièce jointe. Le tableau représente une femme à l’enfant, le sujet donc de la maternité et nous reconnaissons et identifions l’épouse de l’artiste Madeleine ainsi que leur fils Marcel. Et le traitement diffère entre l’étude et le tableau définitif, tant pour ce qui est de la gestuelle, que de la facture. Pour son tableau de chevalet, Marcel-Lenoir instaure donc un décor exaucé sous un parti-pris cubiste, en facettes géométriques. Nous distinguons au premier plan l’herbe verte, le banc blanc immaculé, où prennent place en position assise Madeleine et leur fils Marcel. Au second plan, s’écoule une rivière bleutée, entourée d’une plage de sable. Au troisième et dernier plan, s’édifie la végétation s’élevant vers le ciel bleuté, caressé d’un épais nuage blanc. Madeleine et Marcel occupent grandement l’espace de la composition et dominent en majesté la nature, en une figuration synthétique. Aussi, Madeleine enlace-t-elle tendrement près d’elle son bébé Marcel né en 1919. Et cette maternité profane devient, sous le pinceau mystique du Maître, élevée vers le sacré, devenant alors une Vierge à l’Enfant. Madeleine devenue madone, Marie, effectue donc le geste de la bénédiction et du pardon, tandis que l’enfant Marcel devenu L’Enfant Jésus, enfant raphaellien, potelé, joint ses petites mains dans la prière. Madeleine tourne le dos au regardeur. Toutefois, nous reconnaissons sa tête, son visage à la joue fardée et rebondie ainsi que sa coiffure brune, tressée et terminée d’un chignon. Madeleine se révèle telle une sculpture, généreuse, ondoyante, ingresque. Elle est vêtue d’une tunique ocre, laissant voir sa nuque, son dos, ses bras, ses chevilles et ses pieds. Robe épousant magnétiquement son corps. Tissu tel un voile, stylisé, structuré et animé d’un jeu de lignes, courbes, obliques et droites. Et Marcel-Lenoir pare sa muse favorite d’un long châle doré, tel un chapelet, épousant, virevoltant le long de son corps et même s’envolant, également parcouru d’un jeu de lignes, en un ornement particulièrement décoratif. Dès lors, ce tableau de chevalet signe avec triomphe la contribution singulière de Marcel-Lenoir à l’Histoire de l’Art Moderne au cœur de l’Art déco ». Marie-Ange Namy
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