Alphonse LEMAITRE (1821-?) - Lot 59

Lot n° 59
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Estimation :
2000 - 3000 EUR
Alphonse LEMAITRE (1821-?) - Lot 59
Alphonse LEMAITRE (1821-?) Les bagnes de Nouvelle-Calédonie Toile (une paire) Signées "Lemaitre 1879" et "Lemaitre 1886" 46 x 55 cm. Alphonse-Alexandre Lemaître, engagé volontaire en 1841 au 3e bataillon de chasseurs à pied, cassé du grade de caporal pour inconduite et amputé de la jambe gauche à la suite d’une blessure reçue en service commandé au pénitencier d’Alger, il fut admis à l’Hôtel des Invalides en 1846 avec une pension de 278 fr. Il en fut renvoyé le 30 octobre 1848 à la suite d’une querelle avec des gardes mobiles « qu’il avait provoqués dans un cabaret ». Précédemment, il avait fait soixante jours de détention préventive pour participation aux Journées de Juin 1848. Il était alors domicilié, 28, rue des Rigoles, à Belleville. Condamné le 9 mars 1849 à vingt ans de réclusion, il fut gracié en 1858 et réadmis en 1864, sur sa demande, à l’Hôtel des Invalides pour y remplir les fonctions de concierge. En 1871, il habitait, 53, rue d’Argout (IIe arrdt). Le 7 septembre 1870, il fut nommé membre du Comité d’armement de Montmartre. Commandant élu du 124e bataillon de la Garde nationale, il fut révoqué par le Gouvernement de la Défense nationale vers la fin du Siège mais, le 19 mars 1871, il s’engagea au 61e bataillon et prit part à des sorties. Le 23 mai, il rentra chez lui. Le 7 décembre 1874, il se présenta au bureau de la place de Paris et déclara avoir appartenu à la Commune : « Je suis prêt à recommencer, dit-il, si une nouvelle Commune venait à s’établir ; et la preuve, c’est que j’ai chez moi des armes. » Devant le rapporteur, Lemaître « a renouvelé sa profession de foi révolutionnaire ». Le 3e conseil de guerre le condamna, le 15 janvier 1875, à la déportation simple. Il arriva à Nouméa le 23 septembre 1875. Il fut amnistié le 15 janvier 1879. Provenance : Vente Blanchet et Associés, 27 novembre 2017, lot 35. (à laquelle la fiche détaillée ci-dessous est empruntée) Il s’agirait d’une représentation, très libre et éloigné de la réalité, du camp de déportation à Numbo Ducos avec l’ilot Freycinet, en Nouvelle Calédonie. Cet établissement pénitencier fut en activité de 1864 à 1924. La signature est vraisemblablement celle d’ Alphonse Lemaître, né en 1821, peintre, déporté en 1875 (matricule 3006 des déportés libres). Condamné pour détention d’armes de guerre illicite, Alphonse Lemaître arrive au camp de la presqu’ile Ducos en 1875. Il bénéficie d’une remise de peine et rentre en France en 1879. Nous remercions Louis José Barbançon, historien du bagne de la Nouvelle Calédonie et le service patrimoine de la ville de Saint-Laurent-du-Maori qui m’ont aidé dans ce descriptif.
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